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Biographie de l'artiste

À propos de Djamel Ourahmoun

PROCESSUS ARTISTIQUE :



Depuis mon entrée aux beaux-arts, la question du temps dans mon travail est omniprésente.


En première et deuxième années, la question de la mort, de la finitude, d’acceptation de la fin était l’élément central dans mon travail. Peut-être liée à la perte d’un proche durant mon enfance.


En 1ère année, j’avais commencé à aborder l’idée de fin et de boucle. Néanmoins, cette réalisation était beaucoup trop brutale pour moi, peut être trop littérale. Les questions de couleur et de mouvement n’étaient pas encore présentes. Mais je commençais déjà à jouer avec les lumières, avec la démultiplication des corps, ... 


Par la suite, en 2e année, j’ai réalisé une série de portraits d’amis pour comprendre la peinture qui avait pour but de sacraliser les personnalités de mes proches, j’ai cherché une certaine liberté à travers les couleurs.


À ce moment-là, il y avait une opposition entre deux séries de peinture très opposées : L’une ou j’avais l’envie, le besoin quasi-viscéral de comprendre, mettre un mot sur la finitude.


L’autre ou l’objectif était plus doux, parler de personnes actuelles qui me sont proches.


Après avoir réalisé un stage avec l’artiste Hélène Planquelle. J’ai compris qu’une production n’était pas seulement une histoire racontée, mais un message d’un artiste, qu’une œuvre venait du cœur. Elle m’a fait comprendre qu’un artiste questionne le spectateur (que ce soit sur les formes, les couleurs, les compositions, les plans, il questionne aussi sur des sujets philosophiques, personnels, psychanalytiques, etc.) et que la réponse n’était que secondaire. Il y avait plusieurs degrés de compréhension d’une œuvre. De plus, en regardant mon carnet de croquis et mes peintures elle m’a fait comprendre que je faisais du dessin en peinture.


Mon dessin et la vibration qui en ressortait étaient plus intéressants, l’action du dessin était fondamentale dans mon travail.


En effet, dessinant sans interruption depuis petit, le dessin est fondamental pour moi. À force de dessiner partout, j’ai toujours envie d’aller plus vite pour capter des moments, car plus vite je dessine, plus le nombre de dessins d’un moment est possible. De ce fait, une sorte de vibration commence à apparaître dans mon trait.


Par la suite, j’ai donc cherché à davantage questionner les spectateurs sur des interrogations de forme et de sens que prennent ces formes ; j’aspirais aussi à peindre en dessinant.


Après plusieurs productions, j’ai réalisé que grâce aux couleurs, aux lumières, aux coups de pinceaux, aux traits, cernes noirs, etc. Il pouvait y avoir du mouvement dans des figures fixes. J’ai compris que le mouvement dans les couleurs, dans la matière m’intéressait énormément. Néanmoins, il manquait quelque chose d’essentiel. Certes, dans le traitement des couleurs, il y avait de la vibration et des mouvements, mais pas dans les corps.


Pus tard, j’ai lu « L’existentialisme est un humanisme » de Sartre et « Humain, trop Humain » de Nietzsche. J’étais arrivé à de nouveaux questionnements :

Sommes-nous condamnés à être libres dans l’écriture de l’histoire de nos vies ?

Sommes-nous contraints d’écrire nos vies, nos histoires ?


C’est par le biais de ces histoires racontées que nous faisons percevoir nos vies. Sans histoires, nous n’existons pas. Vivre sa vie, c’est créer des souvenirs et raconter ses souvenirs. Sommes-nous seulement des histoires, des souvenirs à raconter ? Doit-on écrire notre histoire ? Sommes-nous vraiment contraints ?



En réalisant la peinture «Ecrit ton histoire», j’ai admis que pour accentuer ces questionnements, une seule image ne fonctionnerait pas. J’ai donc eu l’idée de faire de l’image imbriquée, de créer un mouvement en une production, de capter plusieurs images d’un moment.


Une fois cette production réalisée, un monde entier s’est ouvert. Créer plusieurs facettes d’un réel possible me permet de questionner davantage le temps qui passe, la fin, la vie, de créer du mouvement dans les couleurs, dans les traits, dans les corps… Mon objectif a alors changé, j’ai eu envie de questionner au lieu de représenter.


Par la suite, l’idée de questionnement, de démultiplication des corps et du sujet a permis le pas sur la finitude.

Avec cette dernière peinture, j’avais accepté la fin, j’avais réussi à mettre des mots sur le sens d’une vie.


Désormais mon intérêt, c’est diriger sur le mouvement du temps en tant que tel. Ce mouvement qui fait que le présent devient instantanément passé, ce temps en constant mouvement, je prends de passion sur le mouvement du temps et mes relations avec mes êtres aimés. C’est devenu fondamental dans mon travail. À travers les mises en forme, je cherchais à créer un sens de lecture circulaire tout en multipliant les plans, les corps.


« Réveille-toi, le temps passe » est une œuvre créée à partir d’un moment vécu. J’ai voulu créer une allégorie du temps, un questionnement entre mort et sommeil, entre réveil et peur… On accepte ou on refuse de se réveiller ? Dans la forme, j’ai cherché à créer comme une montre où le temps passe. Dans les couleurs, j’ai cherché à faire plus simple, moins de couches, mais j’ai quand même énormément cerné. L’idée et la forme de la montre sont primordiales.


En 3e année, j’étais arrivé au bout du questionnement sur la mort. Ma volonté était de questionner sur le temps qui passe, de capter des moments vécus du présent, de questionner la vie.

De ce fait, après une belle après midi au parc avec 3 amis, la production « pomme, bière, fleurs » (p. 24) m’est venue à l’esprit. À partir de plusieurs photos prises à ce moment-là, j’ai pu construire toute une composition. L’un mange une pomme tout en hésitant à la croquer (questionnement sur la vie), un autre sombre dans l’alcool et la cigarette (abandon total), et pour finir le 3ème regarde le ciel joyeusement, profitant du moment tout en regardant la fleur fanée qu’il a dans la main (habite le moment présent.)…. Pour le traitement des couleurs, j’ai encore une fois cherché à peindre en dessinant et à faire vibrer la peinture. J’ai accentué le contraste ombres et lumières avec des ombres très bleues et des lumières très jaunes. J’ai aussi traité du paysage, des couleurs, du mélange de la fumée avec les arbres, etc. C’était l’excuse parfaite pour mélanger ma réflexion sur le temps qui passe, comment vivre sa vie ? Et capter un moment, un mouvement du temps passé avec des êtres qui me sont chers.


Par la suite, j’ai réalisé un Workshop avec l’artiste Julien Parsy. Ayant réalisé que je sacralise trop la peinture et que je pouvais prendre beaucoup de temps à faire plein de couches, il m’a demandé de reprendre mon carnet de croquis et d’enchaîner les petites productions. J’ai donc capté et expérimenté plusieurs procédés tels que le recouvrement, le monochrome, peindre sans y mettre du noir, le bichrome, etc. Le temps était à la fois manifeste dans le sujet et dans la procédure (seulement 30 minutes par production). L’action de manifester le temps qui passe à travers la règle et la procédure, avec une contrainte temporelle et une technique, provoque des productions inachevées, davantage de vibrations créées par le stress, la vitesse et la fatigue de production à la chaîne.


Après avoir échangé avec l’artiste-professeur Grégory Markovic, il m’a poussé à davantage fractionner le temps, à utiliser une vidéo afin de créer quelque chose de très décomposé à l’instar de Picasso avec « la dame descendant l’escalier ».Étant étudiant, j’ai un travail en parallèle des études. De ce fait, j’ai l’impression que les journées se répètent. J’ai donc eu l’idée de « Encore ! ». J’ai cherché à davantage décomposer le mouvement, grâce à une vidéo, fractionnée au possible, tout en gardant un sens de lecture. Est-ce qu’il se réveille ? Est-ce qu’il s’endort ? C’est un moment que nous avons tous vécu.


Je suis encore en train d’expérimenter cette décomposition, cette déstructuration du moment. Tout en le structurant, je cherche à structurer un mouvement. Je vais chercher à faire vibrer davantage les couleurs. Cette fois-ci, je vais user de couleurs très claires tout en y posant un cerne noir. Seulement les mains et les visages posséderont des couleurs chaudes. Le reste, les habits, le lit et le fond sera composé de couleurs froides.


En parallèle, j’ai réalisé une série de photos dont l’objectif était de créer des images silencieuses, taciturnes. L’idée de mouvement y est toujours, mais par des jeux de transparence. Les couleurs sont limitées grises. Cette série laisse libre cours à l’imagination du spectateur. C’est par cette série que la volonté de créer des peintures taciturnes, sans forcément une histoire, m’est venue à l’idée. J’ai désormais comme volonté de capter des moments, de m’amuser avec les couleurs, les formes, la démultiplication.


Après avoir échangé avec l’intervenante Bois de Chesne Antoinette et l’artiste Lefkowitz Myriam, j’ai davantage développé mon idée, le sens de mon travail, de mes recherches.


Ainsi, j’ai compris que dans mon travail, je cherche davantage à capter, représenter «Le mouvement d’un temps partagé avec les gens qui me sont proches». Via mes relations, je cherche à lier le passage du temps, capter un moment et non une image fixe. Je cherche à dépeindre «Le temps qui passe dans mon regard sur ceux que j’aime».


Entre ma 3e et 4e année j’ai réalisé un projet de fresque mural au musée des Beaux￾arts d’Angers en liens avec l’artiste Eugène Lenepveu. Ce projet, dans un premier temps, ma permis d’exposer les travaux préparatoires a la Tour Saint Aubain d’Angers. Puis d’exposer la production final durant 3mois dans le musée. Ce fut un un bon moyens d’aborder le dessin monumental, grand format au fusain et au graphite ! En parallèle j’ai eu l'occasion expérimenter la gravure. J’ai donc entamé un travail de dessins plus intensif, «monumental» et de gravure sur zinc a l’eau forte.

Mon travail ce base aujourd’hui sur la décomposition du mouvement, la transparence et l’effacement de l’individu dans le paysage, de créer des mouvement éphémère en peinture/dessin. L’idée du temps qui passe reste très importante à mes yeux. De ce fait, je cherche à créer du mouvement, de la vibration tout en questionnant le spectateur sur la forme, le moment qui comprend, les couleurs, etc. J’ai envie de questionner le spectateur sur le temps qui passe, la finitude et l’acceptation qui en découle, ... À travers plusieurs procédés comme la démultiplication, la captations de moments de vie et les recomposer / décomposer. Mélanger les plans, les formes, les couleurs, forcer les spectateurs à déchiffrer les mouvements du temps que j’ai capté. j’ai aussi envie de mélanger, créer un flou entre les êtres et les paysages.


Si vous souhaitez en savoir plus sur ma manière de procéder, contactez-moi.

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